On fait généralement remonter l'invention de la traduction simultanée au Procès de Nuremberg. Mais en réalité, telle qu’on l’entend aujourd’hui, elle date historiquement de quelques dizaines d’années plus tôt et plus précisément de 1927, à l’occasion de la Conférence Internationale du Travail de Genève :dans un monde où les frontières nationales étaient de moins en moins difficiles à franchir, le scénario d’une réunion de travail prévoyait de nombreux participants, plusieurs langues et la nécessité d’économiser du temps.
La technique consécutive traditionnelle se manifestait éminemment inadéquate et, grâce à un système original de téléphones, la traduction des interventions a eu pour la première fois lieu en temps réel.
Depuis lors, la technologie de transmission des sons a considérablement progressé et, aujourd’hui, les écouteurs que mettent les congressistes captent les voix des interprètes grâce à des systèmes de transmission radio et/ou infrarouge sophistiqués. Mais, avec la naissance de la traduction simultanée, la figure professionnelle de l’interprète évolue elle aussi et connaît une spécialisation de plus en plus grande.